Discours de Haliki Choua Mahamat sur la gouvernance des données

Discours de Haliki Choua Mahamat sur la gouvernance des données

INTEGRALITE DU DISCOURS DE Mr HALIKI CHOUA MAHAMAT

MINISTRE DES TELECOMMUNCATIONS, DE L’ECONOMIE NUMERIQUE ET DE LA DIGITALISATION

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Commission de l’Union africaine, de l’AUDA-NEPAD, de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique et de la GIZ,

Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux des institutions de la République et des départements ministériels,

Mesdames et Messieurs les Points focaux des institutions publiques et privées,

Mesdames et Messieurs les représentants du monde académique, de la société civile et des partenaires techniques et financiers,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un honneur de prendre la parole devant vous, à l’ouverture de l’atelier national de validation de la Stratégie Nationale de Gouvernance des Données du Tchad.

Permettez-moi d’abord de rendre hommage à Son Excellence le Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Deby Itno, Président de la République, Chef de l’État. C’est lui qui a voulu que la modernisation de l’État et le numérique figurent parmi les priorités du pays. La stratégie que nous examinons aujourd’hui découle directement de cette volonté.

Cet atelier est une étape qui compte. Notre pays avance dans sa transformation numérique. Il nous faut maintenant mieux l’organiser, l’ouvrir à tous, et faire en sorte qu’elle serve d’abord l’action publique et le développement du pays.

Chacun le constate : la donnée est partout. Les États s’en servent, les entreprises aussi, et notre vie quotidienne en dépend de plus en plus. Avec de bonnes données, on connaît mieux les besoins des populations, on décide en connaissance de cause, on planifie mieux, les services publics gagnent en qualité et ceux qui innovent ont de quoi travailler.

Encore faut-il que ces données soient fiables. Qu’on puisse y accéder, les échanger d’un système à l’autre, les protéger. Et que leur usage respecte les droits des citoyens.

Mesdames et Messieurs,

Notre ambition tient en une phrase : la donnée doit devenir un patrimoine national, mis au service de l’État et du développement du Tchad.

Cette stratégie revêt, à cet égard, une importance capitale pour notre pays. Elle doit nous permettre de passer progressivement d’une gestion encore fragmentée des données à un système national organisé, interopérable, sécurisé et souverain.

Dans la pratique, les décisions publiques s’appuieront sur des chiffres fiables. Les administrations pourront partager leurs informations sans risque. Les données personnelles des Tchadiens seront mieux protégées. Et nous saurons où sont hébergées nos données stratégiques, et qui les gère.

La stratégie aidera aussi à accélérer la digitalisation des services publics. Elle ouvrira la voie à de nouveaux services dans des secteurs qui nous tiennent à cœur : la santé, l’éducation, l’agriculture, l’élevage, les mines et les télécommunications. Avec ce cadre, le Tchad avance d’un grand pas vers sa souveraineté numérique.

La donnée est une richesse. Nous devons la traiter comme telle, pour l’État, pour le citoyen et pour notre économie.

Mesdames et Messieurs,Cette stratégie est le fruit d’un travail collectif, auquel beaucoup d’entre vous ont pris part. Depuis le lancement, nous avons fait l’état des lieux des données dans notre pays, relevé les difficultés comme les opportunités, consulté les acteurs concernés, et bâti peu à peu une feuille de route qui tient compte de nos réalités.

Le document repose sur sept piliers : la gouvernance institutionnelle ; le cadre juridique et réglementaire ; la gestion, la qualité et l’interopérabilité des données ; les infrastructures, le partage et l’accès ; la sécurité et la protection des données personnelles ; les compétences et la culture de la donnée ; et enfin l’économie des données et l’innovation.

Ces sept piliers vont ensemble. Ils visent un même résultat : que les données circulent entre nos institutions de façon organisée et sûre, que les services publics s’en trouvent améliorés et que notre économie y gagne de nouvelles opportunités.

La stratégie retient aussi des cas d’usage prioritaires : le guichet numérique unique, la santé, l’éducation, les secteurs minier et pétrolier, l’agriculture, l’élevage et la pêche, les télécommunications et les services numériques. Une feuille de route opérationnelle l’accompagne. Sa mise en œuvre s’étalera jusqu’en 2030 et au-delà.

Mais un document, aussi bon soit-il, ne suffit pas. Ce que nos concitoyens attendent, ce sont des réformes, des infrastructures, des systèmes qui communiquent entre eux, des agents formés, des services numériques qui fonctionnent. Des résultats que l’on peut mesurer. C’est à nous d’y veiller.

Mesdames et Messieurs,

L’atelier d’aujourd’hui est donc une séance de travail, et je souhaite qu’il le soit pleinement.

Je vous demande de lire attentivement le document qui vous est soumis et de dire franchement ce que vous en pensez. Surtout, posez-vous cette question : ce qui est proposé est-il réaliste, pouvons-nous le mettre en œuvre, et cela répond-il aux priorités du pays ?

Les groupes de travail se pencheront notamment sur la gouvernance institutionnelle et le cadre juridique ; la gestion, la qualité, l’interopérabilité et les infrastructures ; la sécurité et la protection des données personnelles ; les compétences, l’économie des données et l’innovation.

Les amendements retenus par les groupes seront ensuite examinés en plénière, avant l’adoption de la stratégie.

La mise en œuvre, elle, dépendra de notre capacité à travailler ensemble. Aucune institution ne peut bâtir seule une gouvernance nationale des données. À l’État de fixer le cadre et d’assurer le pilotage. Aux administrations de mieux produire leurs données et de les partager. Au secteur privé d’innover. Au monde académique de former et de faire avancer la recherche. Et à la société civile de veiller à la confiance et au respect des droits des citoyens.

Je tiens à remercier, au nom du Gouvernement, la Commission de l’Union africaine, l’AUDA-NEPAD, la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique et la GIZ, qui nous ont accompagnés tout au long de ce processus.

Je félicite aussi les administrations, les institutions, les experts, les points focaux et tous ceux qui ont donné de leur temps et de leur savoir-faire pour que cette stratégie voie le jour.

Je voudrais faire une mention spéciale à un haut commis de l’État, Monsieur HAMIT DJOROUA, Directeur Général de l’Économie Numérique. Il a donné le meilleur de lui-même pour que cette stratégie aboutisse, et c’est aussi à lui que nous devons la bonne organisation de cet atelier. Qu’il trouve ici nos remerciements et notre reconnaissance.

Mesdames et Messieurs,

Une fois la stratégie validée, le plus difficile restera à faire : la mettre en œuvre.

Nous serons tous comptables de la suite. Les orientations arrêtées aujourd’hui devront devenir des actions concrètes, que l’on peut mesurer, pour que la donnée serve réellement à moderniser l’administration, à améliorer nos politiques publiques, à encourager l’innovation et à développer notre pays.

En comptant sur l’engagement de chacun, je déclare ouverts les travaux de l’atelier national de validation de la Stratégie Nationale de Gouvernance des Données du Tchad.

Je souhaite plein succès à nos travaux.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Source : page Facebook du ministère